La capeline, ombrelle des jardins anglais
Aile large, calotte basse, ruban de soie : la capeline est née pour faire de l’ombre. On lui doit une certaine idée de l’été — celle qui ne brûle pas.
Au XVIIIe siècle, les femmes des campagnes anglaises portaient déjà de larges chapeaux de paille pour travailler aux champs. Mais c’est au siècle suivant, sous l’influence des jardins romantiques et des promenades en bord de mer, que la capeline gagne ses lettres de noblesse. On la voit chez les peintres impressionnistes, posée sur la tête d’une lectrice allongée dans l’herbe, son ruban dénoué sur le côté. Berthe Morisot, Renoir, Tissot l’ont peinte cent fois, parce qu’elle dessine autour du visage un cercle de lumière douce.
Sa fonction première reste pratique : protéger la peau, les yeux, la nuque. Une capeline bien construite tient sans serrer, ne s’envole pas au premier vent grâce à un poids cousu dans l’ourlet, et se garnit d’un ruban gros-grain qui en assure la tenue. Les modèles les plus fins sont tressés en paille de Florence, plus souples encore que le Panama, et se reconnaissent à leur tombé presque liquide.
Elle accompagne les déjeuners en pergola, les villas blanches au bord de l’eau, les jardins de Capri, les terrasses de la Riviera. Elle exige peu : une robe simple, une silhouette droite, et la patience de la porter sans la replier au premier coup de vent. C’est un chapeau d’été qui demande, en retour, qu’on lui ménage un voyage à l’abri.
Nessihat — le chapeau qui voyage.

