Aller au contenu principal
Maison Nessihat · ParisDu Panama à Paname2026
Lieu
Lieu

Cadaqués, le bout du monde catalan

Au creux d’une baie que les routes atteignent à regret, Cadaqués garde ses maisons blanches et son silence. On y vient pour ralentir, parfois pour oublier.

La route qui mène à Cadaqués est une affaire de patience. Elle serpente entre les oliviers et les schistes, monte vers un col, redescend enfin sur la baie. Le village apparaît d’un coup, blanc sur le bleu, comme posé là par distraction. C’est sans doute pour cela que Dalí n’en partait jamais vraiment, et que Picasso, plus tôt, y avait planté son chevalet quelques étés.

Il reste de cette époque une étrange concentration d’ateliers, de galeries minuscules, de cafés où l’on s’attarde sans raison. Les ruelles montent en pente douce vers l’église Santa Maria, dont le clocher veille sur les barques. Le matin, les pêcheurs rentrent ; le soir, on dîne pieds nus sur les terrasses qui surplombent la Méditerranée. Entre les deux, les heures s’étirent, paresseuses, ponctuées par le claquement des volets et le souffle de la tramontane.

Cadaqués n’est pas une carte postale, c’est un rythme. Celui d’un village qui a su rester en marge — du tourisme de masse, des saisons trop bavardes, des modes. On y arrive avec un livre, un chapeau de paille, peu de bagages. On en repart avec l’impression d’avoir gagné du temps.


Nessihat — le chapeau qui voyage.

Tous les articles